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December 5, 2017

::: Motor Kids - Bus Palladium :::

 

 

 

 

           Ha Pigalle ! Croisée des chemins de la musique et de l’érotisme. C’était mieux avant, me direz-vous, la belle en rouge est empaillée. Elle a troqué ses bottes de cuir et ses bas de soie filés pour de la fibre synthétique. Pourtant, je les vois toujours ses corps suspendus qui, au-delà du verre, n’attendent que mes mains. Elles sont toutes belles tant elles me veulent, mais je n’ai d’yeux que pour celle qui me semble la plus seule. Un manche 24 pouces en érable, un corps en aulne, des micros double bobinage…    

 

Sur le chemin du Bus un air de Gainsbourg me revient en mémoire :

                   Tu aimes la nitroglycérine

C’est au Bus Palladium que ça s’écoute

Rue Fontaine, il y a foule

Pour les petits gars de Liverpool

 

           À ce moment précis, rien ne laissait prévoir qu’en plus d’être un génie Serge était aussi devin. En effet, la file d’attente est digne de Space Mountain et pour cause, ce soir, la montagne russe est au moins aussi sensationnelle puisqu’il s’agit des Motors Kids !

 

           Le concert commence dans un enchevêtrement de sons électriques et vibrants qui magnétisent la salle. Le courant se propage et dérive sur leur titre phare Yellow Dream. Tout comme ils semblent l’avoir fait avant moi, je mets directement les doigts dans la prise et mes cheveux s’hérissent. Ce morceau est beau dans ce qu’il a de paradoxal. La batterie tabasse, semblant ordonner au groupe comme à la foule de danser au pas, tandis que la ligne de chant quasi mystique et souple vient ruisseler sur le tranchant d’un riff rocailleux. C’est un discours d’avant bataille, une invocation des émotions au service de l’esprit guerrier. La foule se saisit du message et entre dans une danse tribale.

 

           La suite du set a du groove. Une basse roulant sur la 66 direction Chicago, des solos bien old-school que l’on peut lire sur les lèvres d’Alim (chanteur, guitariste) qui, levant le point comme pour tirer les notes, nous emmène sur les chemins de la liberté.

 

           Les Kids nous font l’honneur de jouer pour la première fois, leur nouveau titre "Bomb and rocket" une narration poétique sur roulement de tambours. Alternant le velours et le fer, ce titre a quelque chose de spécial, je repense alors au conseil que m’a prodigué un vieil oncle : « Mon p’tit, avec les femmes il faut être doux et ferme à la fois... Surtout ferme d’ailleurs ! ». Si le prix de l’élégance lui échappe encore, il semblerait que les Kids ont su tirer le meilleur de cet “adage“ à des fins autrement plus artistiques. Voilà une musique qui a du cœur et des chœurs profonds, le rythme battu au tambourin nous ouvre les portes des bars à opium ou l’on vient, emporté par un solo céleste, chasser le dragon mille et une nuits blanches durant.                                                                                                                                                                                Photo : Benoît Adam

 

            Après un “Fire“ de Jimi bien maîtrisé au cours duquel chacun a pu faire parler sa technique, le groupe se met à demi-nu comme l’exige la plus pure tradition Pigallienne, qui voudrait que l’on donne son corps avant son nom. Pour le dernier tour de piste, ils font gronder les moteurs à 7000 tr/min dans un morceau très nerveux, la mécanique est bien huilée et la foule propulsée dans un ultime pogo.

 

            Serge ne s’est trompé qu’à moitié, ces p’tits gars ne viennent pas de Liverpool mais leur musique : c’est de la nitroglycérine !

 

Retrouvez leur EP chez Iuris ici 

 

 

 

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